#écologie#fabrication locale

— 3 février 2022

En vert, les tiers-lieux !

Espaces du « faire », relocalisation de la production et enjeux environnementaux

En favorisant la réparation, en rapprochant fabricants et consommateurs, et en ajustant la production à la demande, les tiers-lieux de fabrication pourraient jouer un rôle central dans la transition écologique à l’échelle des territoires.

Une des promesses associées à la multiplication des tiers-lieux, et à leur professionnalisation, est liée aux perspectives qu’ils ouvrent en matière de relocalisation de la production de biens et de services. Cette question n’est pas nouvelle1, mais le soutien récent de l’État à 100 « Manufactures de Proximité » lui redonne, en France, une certaine actualité. Il s’agira d’aborder ici, plus spécifiquement, les enjeux écologiques de cette relocalisation par le développement de tiers-lieux de fabrication.

Parmi la diversité des tiers-lieux, certains s’engagent activement dans la mise en œuvre de transitions environnementales. Ces « tiers-lieux transitionnels », comme propose de les nommer Raphaël Besson, « tentent d’agir de manière structurelle, continue, et systémique sur les transitions » en donnant « à chacun les capacités techniques et intellectuelles pour agir sur [celles-ci] »2. S’ils constituent sans doute la figure de proue de l’engagement écologique des tiers-lieux, ces lieux fortement engagés écologiquement semblent aujourd’hui largement minoritaires parmi les 2.500 lieux dénombrés en 2021 en France par France Tiers-Lieux3. Mais ce constat ne doit pas diminuer l’importance (effective ou potentielle) de la dimension environnementale associée au déploiement de tiers-lieux dans les territoires, quel que soit le rapport explicite de leur projet à l’écologie. Ce court texte se propose ainsi d’évoquer certains enjeux écologiques liés à la (re)localisation d’activités productives dans/et par les tiers-lieux, même lorsque ceux-ci ne sont pas des « tiers-lieux transitionnels » à proprement parler.

Réparer, récupérer, réemployer : une écologie DIY

Parmi la soixantaine de fablabs ayant répondu au questionnaire envoyé par le Réseau français des fablabs pour la publication de son Livre Blanc en 2017, 80% ont mentionné le « bricolage » comme faisant partie des principales activités quotidiennes des personnes fréquentant leur lieu, 80% mentionnent la « fabrication », et 86% la « réparation »4. Dans le large recensement des tiers-lieux réalisé par France Tiers-Lieux et présenté dans son rapport publié en 2020, sur les 905 réponses reçues, 49% des lieux se déclarent « concernés par la fabrication et la production » (30% sont des fablabs, des makerspaces, ou des hackerspaces, et 19% des ateliers artisanaux partagés), et 53% indiquent faire de la réparation et du réemploi5. Derniers chiffres, toujours dans ce recensement de France Tiers-Lieux, 49% des tiers-lieux ont déclaré avoir mobilisé des « acteurs de la transition écologique (recyclage, réemploi, circuit-court…) », et 55% disent travailler avec le secteur de « l’écologie, réparation et réemploi »6. Ces chiffres, certes essentiellement déclaratifs, mettent en évidence un premier aspect de la dimension environnementale des pratiques qui se déploient dans les tiers-lieux : travailler à l’augmentation de la durée de vie des objets et des matériaux par la réparation, la récupération, et le réemploi.

Cet ensemble de pratiques recouvre une large gamme d’activités, allant de l’autoréparation d’objets électroniques ou électroménagers, à la sensibilisation contre l’obsolescence (programmée ou non), en passant par la mise en place de filières de récupération/recyclage de pièces ou de matières premières, notamment par un travail conjoint avec des recycleries.

Concentrons-nous ici sur la réparation. Comme le soulignait déjà un rapport commandé par l’ADEME en 20177, dans la plupart des tiers-lieux relevant de ce que l’on qualifie parfois d’espaces du « faire », les pratiques de réparation sont encore très peu professionnalisées et peu connectées aux réseaux de réparateurs agréés ou d’artisans. Dans ces lieux, se déploient à une échelle locale des pratiques de récupération et de réparation d’outils et de machines s’inscrivant dans une culture du bricolage, du faire soi-même, valorisant la polyvalence8 et une culture de la « bidouille »9. Concrètement, les réparations ont souvent lieu dans des Repair cafés hébergés dans des tiers-lieux, ponctuellement ou de façon récurrente, mais peuvent également être mises en œuvre (plus rarement) dans les pratiques courantes et quotidiennes de ces lieux (comme les ateliers de Réparation organisés par l’association PiNG à Nantes). Des réseaux locaux de réparation peuvent ainsi se développer, à des échelles modestes, le plus souvent en dehors de tout rapport marchand. Une expertise technique importante est souvent requise, mais la montée en compétences peut être rapide, par le biais d’apprentissages horizontaux et informels, conditionnés à un investissement temporel important et la présence de personnes ressources permanentes ainsi que d’adhérents assidus à même d’accompagner cet apprentissage par le faire.

Difficilement quantifiables dans leurs effets environnementaux, les actions de réparation mises en place dans les tiers-lieux, qu’il s’agisse d’autoréparation et/ou de lutte contre l’obsolescence, ne visent que rarement l’efficacité en premier lieu et prennent également souvent la forme d’ateliers d’autoformation, ou de conférences introductives ouvertes à tous. Même si ces actions sont, le plus souvent, arrimées à des activités pratiques de réparation, l’objectif est alors d’abord d’amorcer (ou de consolider), chez les personnes y assistant, un parcours de transformation de leur rapport aux objets techniques et, par extension, de leur rapport à la consommation et à la production de déchets.

Du côté de la récupération et du réemploi, des microcircuits de récupération de matériaux de fabrication se développent autour de certains de ces lieux, de façon très locale. Ils s’appuient parfois sur les connaissances familiales des personnes fréquentant les tiers-lieux, comme dans le cas du fablab d’Auray, La Fabrique du Loch, où le fabmanager a pu organiser, de façon très informelle, une filière de récupération de plexiglass grâce au réseau familial d’un des membres de son fablab. Parfois, ces filières de récupération deviennent centrales dans l’approvisionnement en matériaux d’un fablab au point d’innerver la plupart de ses projets, comme au Konk Ar Lab, fablab de Concarneau.

Il est important de garder à l’esprit que ces chiffres et ces exemples nous disent peu de choses sur l’impact environnemental réel de ce type d’action, par secteur d’activité. Une enquête quantitative plus spécifique serait nécessaire pour préciser par exemple le nombre de réparations effectivement réalisées chaque année dans les tiers-lieux. Même si du chemin a sans nul doute été parcouru depuis, rappelons qu’en 2015, parmi les 92 « espaces de fabrication numérique » ayant répondu à l’enquête menée par le cabinet Deloitte à la demande de l’ADEME, 90% déclaraient, certes, réaliser des réparations, mais 72% indiquaient n’en faire que « rarement » ou « parfois », et 84% estimaient à moins de 25 par an le nombre de réparations effectuées dans leurs locaux10.

De multiples freins empêchent encore l’essor de la réparation des objets manufacturés. Les tiers-lieux pourraient certainement jouer un rôle dans la levée de certains d’entre eux – que l’on pense à la prégnance du goût pour la nouveauté ou à la course au renouvellement technologique, au manque de techniciens réparateurs compétents dans certains secteurs, ou encore à l’indisponibilité des pièces détachées. Mais malgré leur nombre relativement conséquent, les tiers-lieux de fabrication peinent à devenir des lieux de référence où un large public pourrait venir réparer (ou faire réparer). Ils demeurent encore majoritairement des lieux où se développent davantage une sensibilité à la réparation et à la compréhension de ses enjeux (techniques notamment), jouant un rôle (essentiel) d’« hébergeur et accélérateur d’expérience »11.

Pour changer d’échelle, et augmenter l’impact positif sur l’environnement des réparations faites dans les tiers-lieux, les industriels ont probablement une responsabilité à endosser afin de permettre la relocalisation de la production de pièces détachées. Qu’il s’agisse de la technicité de fabrication des pièces au moment de leur design, de leur interchangeabilité, de l’accessibilité des plans des pièces lorsque celles-ci ne sont plus fabriquées par les constructeurs, ou de la (re)localisation au plus près de la demande d’unités partagées de fabrication de pièces, les pouvoirs publics auront sans doute un rôle incitatif ou réglementaire à jouer.

Relocaliser la production, développer les circuits courts

Depuis quelques années, la recherche d’une stabilité économique a conduit de nombreux tiers-lieux, dont l’activité était initialement centrée sur un fablab ou un hackerspace, à diversifier leurs activités : offrir différents types de services (payants ou gratuits), s’adresser à des publics plus divers (professionnels ou amateurs), et s’insérer dans des écosystèmes économiques locaux leur permettant de ne plus dépendre trop exclusivement ni des cotisations de membres (pour les associations), ni de subventions publiques. Location d’espaces de co-working, mise à disposition payante de temps-machine, prestations à des PME (prototypage, formation, etc.), accompagnement et design de projets, hébergement d’artisans et/ou de startups, les activités commerciales sont maintenant nombreuses dans les tiers-lieux « concernés par la fabrication et la production », faisant d’eux de réels acteurs économiques des territoires.

Par nature, les projets qui développent des tiers-lieux, ou se développent dans des tiers-lieux, ont un fort ancrage local. En effet, pour qu’un tiers-lieu s’inscrive pleinement dans son écosystème, il est indispensable que se constitue et se stabilise une communauté de personnes qui le fréquentent, se l’approprient, l’animent et le font vivre. Qu’il s’agisse d’amateurs (de technologies, de couture, ou de culture de champignons), de travailleurs indépendants, d’artisans, ou de petites entreprises locales, les rapports humains sont essentiels dans ces lieux, qui se veulent d’abord conviviaux12. Une des conséquences indirectes de la force des rapports humains cultivés dans ces lieux est l’attention qui y est portée à la vie économique locale. Qu’il s’agisse d’une stratégie délibérée de structuration d’un réseau économique ou d’échanges de bons procédés au sein d’un réseau de connaissances, il est ainsi courant que les tiers-lieux hébergent, de façon ponctuelle ou récurrente, des activités vertueuses pour les territoires, autant sur le plan économique qu’écologique : relais de distribution alimentaire (Ruche qui dit oui, AMAP), vente de produits locaux et bio (par exemple au marché de la Condition publique à Roubaix, ou à La Cité fertile à Pantin)… Par ces hébergements, les tiers-lieux contribuent à rendre possible une vaste gamme d’activités qui leur sont extérieures, et dynamisent ainsi les circuits courts. L’activité artisanale au sein des tiers-lieux, dont la clientèle est le plus souvent locale, ainsi que les projets développant une activité de fabrication manufacturière à la demande (par exemple, dans le cas de la mode, au Plateau Fertile à Roubaix) vont dans le même sens.

Si les tiers-lieux participent à la relocalisation de la fabrication (artisanale essentiellement), ou de la consommation alimentaire, leur contribution à l’économie des territoires reste, semble-t-il, pour l’instant marginale13 et touche une très faible proportion des consommateurs. Pour que les promesses de relocalisation de la production industrielle par le développement d’une fabrication locale dans des « Manufactures de Proximité » aient une chance de se réaliser, le défi à relever est celui d’un changement d’échelle, vers une massification de ces pratiques. Aujourd’hui, le principal obstacle à une relocalisation de masse de la fabrication est sans doute le prix des objets produits. Comment passer d’une clientèle de consom’acteurs éclairés, prêts à payer plus cher ce qu’ils considèrent comme un « juste prix » dans une démarche mêlant conviction et pratique de distinction sociale, à des consommateurs issus de toutes catégories socio-professionnelles ? Car, comme le dit un membre du Roselab à Toulouse14, certains produits resteront toujours beaucoup plus coûteux à produire localement qu’industriellement à grande échelle (que l’on pense à l’informatique, l’électronique, les vêtements, ou l’électroménager). La fabrication locale, pour être accessible et écologique, doit probablement s’articuler à une réflexion poussée sur le réemploi, le reconditionnement, et la réparation.

La fabrication distribuée

Même si c’est une idée plus ancienne15, l’expérience de la production de visières de protection par les makers durant les premiers mois de la pandémie de Covid-19 a rendu concrète, et désirable, la mise en place de réseaux de fabrication distribuée. La crise sanitaire a en effet montré qu’il était possible de s’organiser pour produire localement des produits manufacturés, parfois relativement techniques, de façon décentralisée, en utilisant les compétences, les outils et les machines de fabrication (imprimantes 3D) déjà présents chez les particuliers et/ou dans les ateliers de fabrication numérique. Ainsi toute une chaîne de valeur, incluant l’approvisionnement, la fabrication et la distribution, a pu être mise en œuvre rapidement à des échelles locales ou régionales16.

Le développement de projets de fabrication distribuée dans des tiers-lieux pourrait renforcer le rôle que ceux-ci endossent localement comme lieux de production de biens. Par la mise à disposition d’espaces, par la mutualisation de parcs machines, ils pourront contribuer à ancrer des emplois artisanaux dans les territoires, mais aussi à créer des synergies entre les différents publics qui fréquentent ces lieux (citoyens intéressés, étudiants, retraités, personnes en difficultés sociales, etc.). D’un point de vue écologique, la fabrication distribuée constitue une forme possible de relocalisation de la production, participant au développement de circuits courts en rapprochant producteurs/fabricants et consommateurs. L’ajustement continu, dans ce type de système productif, entre la demande et la fabrication permet également de limiter les stocks, la surproduction et le gaspillage, le tout dans une dynamique environnementalement vertueuse.

La mise en place de réseaux de fabrication distribuée de grande ampleur s’appuyant sur les tiers-lieux est néanmoins encore confrontée aujourd’hui à des obstacles majeurs. D’abord, les habitudes. Jouer le jeu de l’ouverture des données et de l’horizontalité des décisions, valeurs pratiques structurantes dans la plupart des tiers-lieux de fabrication, n’est pas évident chez tous les acteurs susceptibles d’être impliqués dans les chaînes de valeur de la fabrication distribuée, des pouvoirs publics jusqu’aux designers. Ensuite, les normes. Comme on a pu le constater dans le cas de la production de visières durant la crise sanitaire, les questions de normes de qualité et de certification sont loin d’être évidentes lorsque l’on envisage de produire massivement des biens non standardisés17. Enfin, le modèle économique. Un travail important reste encore aujourd’hui à accomplir pour trouver comment rémunérer à prix équitable les différentes participations à une fabrication distribuée et trouver ainsi une viabilité économique n’ajoutant pas de précarité salariale18.

La relocalisation de la production manufacturée est un défi essentiel de nos sociétés occidentales, aussi bien sur le plan de l’emploi que, comme nous l’avons vu, de l’environnement. En participant au raccourcissement des trajets domicile-travail, à la plus faible circulation des matières premières et des marchandises, au développement de filières de récupération, de réparation, et de réemploi, les tiers-lieux y prendront leur part. Mais pour que cette part ne reste pas marginale, plusieurs freins doivent encore être levés. Une meilleure collaboration des industriels doit permettre de faciliter la réparabilité et l’accessibilité des pièces pour une plus grande gamme d’objets ; la fabrication distribuée, qui ouvre des perspectives pour un meilleur ajustement entre la production et la demande et offre une alternative à la consommation de masse, ne pourra se généraliser que si les enjeux de prix et de normes de qualité sont abordés frontalement ; enfin, du chemin reste encore à parcourir pour ouvrir réellement les tiers-lieux à l’ensemble de la population et de puissants leviers de massification – déjà existants (école, MJC/mission locale, bibliothèques municipales…) – pourraient être davantage utilisés19.

Comme tous les impacts attendus suite à la mise en œuvre de politiques publiques, les effets écologiquement vertueux d’une articulation étroite entre tiers-lieux et fabrication locale devront être objectivés avec précision. Pour cela, de nouvelles études seront nécessaires, dans le prolongement de celles déjà réalisées, pour dépasser les simples projections et les éléments de langage. Afin de comprendre les effets écologiques complexes et multiples du développement de ces lieux dans les territoires, nos grilles et indicateurs d’évaluation devront également évoluer. En effet, comme le souligne Raphaël Besson à propos des « tiers-lieux transitionnels », les externalités positives pour l’instant non mesurées sont nombreuses20. Lien social, émancipation individuelle et collective à l’égard de la technologie, participation citoyenne à la vie locale, apprentissages transversaux et horizontaux, résilience urbaine, transformation du rapport aux objets et à la consommation, compréhension des cycles de vie, sont autant de dimensions essentielles de ce que produisent les tiers-lieux.

Notes

1En 2013, dans son discours sur l’état de l’Union, Barack Obama rêvait déjà du rôle que pourraient jouer les fablabs dans la relocalisation de la production.

2Besson, Raphaël, « Accroître l’impact des tiers-lieux transitionnels », dans Rapport France Tiers-Lieux, Nos territoires en action, 2021, p. 80.

3Rapport France Tiers-Lieux, Nos territoires en action, 2021, p. 4.

4Livre blanc, Panorama des Fablabs en France, Réseau Français des Fablabs, 2017, p. 35.

5Rapport France Tiers-Lieux, Nos territoires en action, 2021, p. 63.

6Rapport France Tiers-Lieux, Nos territoires en action, 2021, p. 153.

7ADEME, Deloitte Développement durable, O. JAN et alii., Encourager la réparation via l’utilisation de l’impression 3D et des espaces de fabrication numériques, 2017.

8Bonnette-Lucat, Claude, « Les bricoleurs : entre polyvalence et spécialisation », Sociétés contemporaines, n°8, 1991, p. 61- 85.

9Goyon, Marie, « L’obsolescence déprogrammée : prendre le parti des choses pour prendre le parti des hommes. Fablabs, makers et repair cafés », Techniques & Culture, n° 65-66, 2016, p. 235-239.

10ADEME, Deloitte Développement durable, op. cit., 2017, p. 33.

11Ibid., p. 151

12Léo Chalet, Maxence Dutilleul, Volny Fages, Émile Gayoso, « « Make care » : des visières contre le Covid-19. Un programme de recherche », La Vie des Idées, 24 novembre 2020, https://laviedesidees.fr/Make-care-des-visieres-contre-le-Covid-19.html

13Une étude détaillée de la contribution des tiers-lieux aux économies locales reste encore à réaliser.

14Rapport France Tiers-Lieux, Nos territoires en action, 2021, p. 72.

15Ciavaldini, Pierre-Alexis, « MakerNet : la fabrication distribuée », Les Annales des Mines, n°3, 2017, p. 65-49.

16C’est dans ce contexte de crise sanitaire qu’a par exemple émergé la plateforme de fabrication distribuée Fabricommuns (https://fabricommuns.org/).

17Le travail remarquable des « Juristes embarqués » sur le droit des communs sera d’une aide précieuse pour avancer sur ces questions normatives (cf. l’étude « Juristes embarqués. La créativité réglementaire pour les tiers-lieux créateurs de communs » : https://francetierslieux.fr/juristes-embarques-la-rencontre-des-communs-et-du-droit-sur-le-terrain-des-tiers-lieux/). Autour de la question des normes dans la fabrication de visières durant le premier confinement, voir également Volny Fages et alii, « Risques et normes : mais « a-t-on le droit de faire ce que nous faisons ? », Makery, 29 septembre 2020, https://www.makery.info/2020/09/29/risques-et-normes-mais-a-t-on-le-droit-de-faire-ce-que-nous-faisons/.

18Si elle ne doit bien sûr pas constituer le cœur de marché de la fabrication distribuée, la commande publique peut jouer ici un rôle économique d’amorçage en proposant, en pratique, une sorte de “preuve de concept” de ce type d’organisation de la production. L’expérimentation du “mois de la fabrication distribuée”, où les collectivités territoriales ont été invitées à commander la fabrication de mobilier pour leurs médiateurs numériques, commandes prises en charge dans des tiers-lieux de leur territoire (https://francetierslieux.fr/mois-fabrication-distribuee/), en est un exemple. Par ce type de projet, la commande publique doit aussi contribuer à établir des règles (formelles ou non) permettant une juste rémunération de tous les acteurs de cette économie et d’éviter le risque, bien réel, que la fabrication distribuée conduise à une ubérisation de la fabrication de biens.

19Fages, Volny (coord.), Labs et écologie : vers un changement d’échelle. Rapport final du projet CoReLab, ADEME, 2020, p. 33.

20Besson, Raphaël, ibid., p. 81.

Volny Fages

Maître de conférences – École normale supérieure Paris-Saclay

Voir la bio

Partager cet article

Volny Fages

Maître de conférences – École normale supérieure Paris-Saclay

Voir la bio

— 3 février 2022

Partager cet article